Bornes directionnelles sur la Départementale N°20 dans le Tarn & Garonne

La Route Départementale N°20 fut créée dans le Tarn & Garonne à partir de 1835. Anciennement Chemins de Grande Communication, elle fut dénommée dés 1836 la route de Lafrançaise à Caylus. De Caylus à St Antonin et à Laguêpie, les CGC N° 3 et 6 furent départementalisés et à partir de 1846 la Départementale N°20 fut décrite comme étant la route de Lafrançaise à Laguêpie. Elle fut terminée en 1859  et fut alors  considérée comme étant à l’état d’entretien (mais de nombreux rechargements eurent lieu sur son parcours).  C’est sur cette voie d’une longueur de 66kms 335 que nous trouvons encore aujourd’hui des bornes directionnelles. 

Ces bornes en calcaire de Causse proviennent de carrières locales telles celle de St Antonin, de laquelle furent extraits les matériaux nécessaires à la fabrication des bornes kilométriques et hectométriques le long des Chemins de Grande Communication au début du XXème. Il s’agit ici de répertorier les bornes directionnelles qui sont bien antérieures puisqu’elles datent de la moitié du XIXème. Il y en avait sans aucun doute d’autres sur le réseau départemental mais seules  5 subsistent sur cette Départementale. 

Voici une carte du tracé (points bleus) de cette voie, sont surlignés outre les deux d’extrémités les 5 communes sur le territoire desquelles on peut encore voir ces bornes. 


-En cliquant sur cette carte vous la verrez au format 2000-

Ces bornes d’embranchement sont en calcaire (probablement du Quercy Blanc) : des  blocs taillés pour former une colonne quadrangulaire aux faces planes, surmontés d’un couronnement pyramidal (en pointe de diamant) bien nets initialement. Deux des quatres faces sont gravées.


MOLIERES (Borne au nord)

En partant de Lafrançaise et en empruntant l’actuelle D20 direction Molières, nous trouvons la première borne sur cette Départementale N°20 embranchement avec l’ancienne Route Départementale N°4 (laquelle devient Chemin de Grande Communication N°4 en 1880). Nous sommes aujourd’hui à l’intersection entre la Route de Caussade (D20) et la Route de Castalnau-Montratier, aujourd’hui D959 : de 1933 à 1973 elle fut nationalisée en integrant la  Nationale 659. 

©Jean-François LOBREAU

TARN & GARONNE

ROUTE DEPARTEMANTALE N°20

de LAFRANCAISE à LAGUEPIE

L’autre face est beaucoup moins lisible. On pouvait y lire avant que le temps ne fasse son travail de gommage : 

TARN et GARONNE

ROUTE DEPARTEMENTALE  N°4

DE MONTAUBAN A CAHORS,

MONTAUBAN,

MOLIERES,

LIMITE DU LOT

44.199582 , 1.372925

-La carte localisant les deux bornes de Molières-


MOLIERES (Borne au sud)

La seconde borne au sud de Molières est également à l’intersection entre la D20 et l’ancienne D4, aujourd’hui D959. On à bien compris que D959 et D20 ont un tronçon commun dans la traversée de Molières. Nous trouvons les mêmes indications que sur la borne du nord, il est probable que les distances soient légèrement différentes, les deux bornes étant séparées de 2km180. 

44.185780, 1.357388


MONTPEZAT

Continuons notre périple, nous arrivons à Montpezat, plus exactement à l’embranchement entre la Départementale N°20 et la Route Impériale N°20 : -Rond-point D820 / Route de Paris D20 / Route de Belfort.  44.248231, 1.500380-

44.248231, 1.500380-

En haut de la borne en arc : TARN ET GARONNE 

Gravés sur la face de gauche Route Impériale N°20 : CAHORS ← 27, 4  – LA MADELEINE ← 5,9 – CAUSSADE →11, 4 – MONTAUBAN→32,4

Gravés sur la face de droite Départementale N°20 : LAFRANCAISE ←30,2 – MOLIERES ←16,0 – MONTPEZAT (prend l’extension de-Quercy en 1892) ←3,4 – BELFORT →4,7 – PUYLAROQUE →15,1(?) – CAYLUS→29,3 – VERFEIL →42,7 – LAGUEPIE →49,6


BELFORT – LIMITE DÉPARTEMENT

Et nous voici à Belfort dans le Lot. Nous franchissons la frontière interdépartementale mais restons sur cette voie, laquelle devient pour un court tronçon la D56. Cette enclave fut construite à partir de 1846 et préalablement classée en 1844 tout en conservant au départ son numéro, le 20. En 1851, cette voie est numérotée 22 pour le département du Lot. Elle est construite « à neuf » en 1857.

Il y eux quelques dissensions entre les deux départements ayant pour sujets notamment le financement de sa construction. En 1850 par exemple les 10000 frcs de contribution sur lesquels s’étaient engagés le département du Lot  devant être augmentés, le Conseil Général opposa une fin de non recevoir. Une réunion entre ingénieurs respectifs ne permit pas de trouver un compromis. 

Quand à la borne directionnelle elle n’est pas photographiée si tant est qu’elle existe encore. Par contre à la limite entre les deux départements nous avons une borne interdépartementale caractéristique. Elle reprend les informations explicitées plus haut notamment les N° des Routes Départementales N° 20 et 22. 

Etaient donc gravés sur cette borne Limite des Départements, Route Départementale 20 pour le Tarn & Garonne, Route Départementale 22 pour le Lot ainsi que le nom de la route, lequel est identique pour les deux départements : de Lafrançaise à Laguèpie. Ont été ajoutés outre le nom de la commune de Caylus la distance depuis le point d’origine de la D20, c’est à dire Lafrançaise (PK) : 36228 mètres. (44.282164,1.5714728)

Sur les deux faces perpendiculaires à la route sons inscrites les communes les plus proches : Belfort dans le Lot, Puylaroque dans le Tarn & Garonne. 

-BELFORT et la distance illisible-

-PUYLAROQUE 7km600-

Photographies: ©Jean-Michel ANDRY


PUYLAROQUE – LA BORNE BLEUE

Eh oui, il y a une borne bleue à Puylaroque ! Il s’agit d’une borne d’embranchement comme on peut en voir à Montpezat, elle se situe à l’intersection entre la Départementale 20 et la Départmentale N° 17 : de Caussade à Figeac par Puylaroque, telle était sa description dés son origine. Sa longueur était de 16km550 et elle fut à l’état d’entretien dés 1840. La partie allant de Caussade à Monteil fut construite en 1838, suivra la restauration de la côte de Puylaroque. 

Au sud de la commune nous sommes à l’intersection entre les routes de Caussade (D17) et de Belfort laquelle devient Route de Caylus (D20). 44.24582259981853, 1.614190267955319

La couleur de la borne: on retrouve dés 1886 l’appellation Borne Bleue dans les journaux locaux: par exemple, le 18 juillet 1886 un article nous relate que les orléanistes (opposés aux Républicians) posérent des affiches sauvages sur la mairie de Puylaroque et sur la borne bleue ! 

La couleur bleue de cette borne calcaire, même si aujourd’hui elle est manifestement due à une couche de peinture -repeinte en 2019-  peut s’expliquer par la nature du matériau utilisé. Tel est le cas par exemple d’une autre borne bleue (la Bleuze Borne) située prés de Valenciennes taillée dans du calcaire bleu carbonifère de Tournai. 

Sur le site de la mairie ↗ il est précisé concernant cette borne  : À cette époque, c’était un point de rencontre et de rendez-vous ou les diligences y prenaient et déposaient les voyageurs.

Examinons cette affirmation en prenant pour base la date de mise en place de cette borne,  vers 1850.  Et prenon également en compte le fait qu’il n’y eut jamais de station rail à Puylaroque. 

Les  grandes lignes hippomobiles  de Clermont à Toulouse par Rodez et Montauban étaient décomposées  localement de relais à relais par  les trajets  de Villefranche à Caylus, de Caylus à Caussade et de Caussade à Toulouse. Nous avions également une ligne de Paris à Montauban et une ligne de Paris à Toulouse via Caussade et Montauban. Ces lignes, jallonnées de relais de poste, rentrèrent au cours de la seconde moitié du XIXème en concurrence avec la voie ferrée.

Dans le Quercy, le développement du réseau ferroviaire fut tardif. En effet, si la ligne dite de Paris à Montauban-Ville-Bourbon fut ouverte jusqu’à Vierzon en 1847, la desserte de Montauban ne fut assurée qu’en 1884. La gare de Caussade, elle aussi sur la ligne de Montauban à Cahors, fut elle aussi ouverte en 1884. 

Si les lignes hippomobiles assurant les grands trajets périclitèrent à partir de 1850, dans le Quercy, les entrepreneurs locaux de messagerie et de voyageurs se substituèrent aux grandes lignes. Ils se chargeaient principalement d’emmener les habitants (même si la marche était et de loin le moyen de se déplacer le plus utilisé) vers les foires mais également vers les gares dont le Quercy était dépourvu. C’est sans aucun doute cette période -de 1850 à 1900- à laquelle la mémoire populaire se réfère pour affirmer que la borne bleue était un point de rencontre. 

Notons que pour palier à cette carence des tramways à vapeur furent mis en service : de Caussade à Caylus de 1913 à 1933 par exemple. 


CAYLUS

Je reprends ici le texte de ce site puisque déjà répertoriée sur la page du Tarn-et-Garonne ↗

La Route Impériale N°126 de Montauban à St Flour remplaça la Route Impériale N°146 de 1811 en 1824. Elle s’embranchait à Caussade sur la Nationale 20. Dans le département du Tarn-et-Garonne elle avait une longueur de 34872 mètres en 1824, 35 kms et 10 mètres en 1876. Cette borne en pierre se situe à l’embranchement avec la Départementale N°20. Il s’agissait de la Départementale initiale, celle allant de Lafrançaise à Laguêpie et devant être déclassée en 1880 puisqu’elle devient alors un Chemin de Grande Communication portant le même numéro. 

Deux faces « Impériale« & « Départementale ». Intersection Route de Montauban (D926) X Route de Puylaroque (D20). 

©Didier BROUSSE

Les trois derniers flèchages sont : Puylaroque – Verfeil et Laguépie. 

44.237402, 1.760520


Lien vers groupe facebook

Groupe Facebook Plaques de Cocher

Patrimoine Routier

 

You Might Also Like

Pas de commentaires

Laisser une réponse