| CANTON DE VAUD |
C’est en 2014 que les cinq plaques directionnelles en fonte localisées et photographiées par Mario Lomazzi dans le canton de Vaud furent mises sur ce site. Ce sont d’ailleurs les seules plaques du canton comme de la Confédération Helvétique inventoriées. Nous savions en outre que deux de ces plaques provenant de la fonderie Varigney en Haute-Saône, ce constructeur étant bien connu dans l’est de la France, le nombre de signalétique routières à son actif (plaques et mâts) étant impressionnant. (voir l’article sur E. Monument ).
Mais l’historique de ces plaques restait à faire. Ou, aujourd’hui, les travaux de Claude Wacker concernant non seulement les plaques mais le bornage des routes en Suisse nous permettent de retracer précisément l’histoire de ces signalétiques routières.
Voici un lien vers la page du site Notrehistoire.ch consacrée A LA RECHERCHE DES PLAQUES VAUDOISES EN FONTE . On y parle des plaques dans le canton de Vaud mais également -les deux étant étroitement liées- du bornage des routes en Suisse.
La bonne entité pour la Confédération Helvétique en ce qui concerne le domaine routier (tant administrativement que financièrement) est le canton. De la même manière qu’en France il faut rechercher les documents au sein des archives départementales, ici, c’est aux archives cantonales vaudoises (pour le canton de Vaud) que nous pourrons retracer l’histoire du développement des infrastructures routières. Le partage des responsabilités entre Fédérations et Cantons permet depuis 1860 de mettre en place des projets routiers cantonaux et suprarégionaux, la mise en place de ces plaques (lesquelles bien sûr au départ ne se comptaient pas sur les doigts d’une main mais étaient environ 160) étant circonscrit au canton de Vaud.
La loi du 23 mai 1864 établie par le Grand Conseil du Canton de Vaud classe les routes et voies publiques en trois classes :
- la première classe comprend les routes commerciales reposant sur les différentes parties du canton et les états voisins.
- la seconde classe sert à véhiculer principalement des produits du sol et de l’industrie mais à l’intérieur du canton.
- la troisième classe comprend les chemins vicinaux et les sentiers et chemins publics servant de dévestiture ( chemin d’accès traversant champs et forêts ).
Ce sont ici les routes de 1ère classe qui nous intéressent puisque les plaques se situent toutes sur ce type de voies, et pour être précis sur les routes au départ de Lausanne. Ces routes de première classe sont au nombre de 42 dans cette circulaire de 1864. Mais les routes au départ de Lausanne ne sont que 8. Dans l’ordre nous trouvons :
- de Lausanne à St Maurice
- de Lausanne à Oron-le-Châtel (laquelle deviendra d’après les archives de 1900 de Lausanne à Bulle
- de Lausanne à Berne
- de Lausanne à Thierrens
- de Lausanne à Yverdon (puis à Neuchâtel)
- de Lausanne à Jougne
- de Lausanne à Genève
- de Lausanne à Ouchy
L’entretien de ces routes de 1ère classe est à la charge de l’État et des communes desservies. Ces voies, quand elles ne sont pas délimitées par des bâtiments, font l’objet d’un abornement lequel doit saillir d’au moins un pied (il ne s’agit en aucun cas d’indiquer des directions mais la délimitation).
Venons en à la période qui nous intéresse, à savoir le début du XXème siècle. C’est à juste titre que Claude WACKER fait remarquer que l’installation des plaques directionnelles en fonte dans le canton de Vaud et également des bornes kilométriques en Suisse succèdent à la tenue du 1er Congrès International de la Route à Paris , lequel s’est déroulé du 11 au 21 octobre 1908 . (lien vers PDF Compte-rendu du Congrès ).
Si la Suisse n’a produit un rapport (de quatre pages) que sur l‘Usure et la Poussière des routes, elle était partie prenante dans le domaine des Signaux de la Route. En ce qui concerne le bornage kilométrique, il fut préconisé qu’il soit effectif pour tous les pays, que les indications de distances soient faites au départ des capitales pour toutes les routes rayonnant autour de ces capitales (…) que les inscriptions y soient peu nombreuses et très lisibles. Les 350 bornes en calcaire jallonèrent les routes au départ de Lausanne correspondant bien à ces critères. Vous pouvez voir en 3 dimensions les 172 bornes restantes sur la voie publique à ce jour en suivant ce lien : https://umap.osm.ch/m/11134 .
Venons-en aux préconisations effectuées lors de ce Congrès fondateur et relatives aux Plaques d’Indications de Direction . Le rapport présenté par Jacques Baillif, Président du Touring Club de France, préconise l’installation de plaques et poteaux de direction dans les villages sans mention des classifications de voie (type Chemin de Grande Communication N°) mais que les localités d’une certaine importance y figurent. Les différents rapports sur le sujet vont dans le même sens : (…) que les indications administratives soient réduites le plus possible et même supprimées, dans certains cas, afin de laisser la plus grande surface aux inscriptions de direction.
Les Suisses sont disposées à accepter les signaux que nous proposons ! Telle est la déclaration de M. Reiss, Président de la Commission du Tourisme de l’Automobile Club Impérial Allemand. Ce consensus européen est donc l’une des clefs qui a parmis l’élaboration des plaques que nous trouvons sur les axes au départ de Lausanne. En 1908, une décision du Conseil d’État, sur proposition du département vaudois des Travaux Publics, entérine le bornage des routes mais également l’implantation de plaques directionnelles. Je n’ai pas trouvé cette décision mais celle-ci ayant fait l’objet d’articles dans la presse je les reprosuis ci-dessous.
Feuille d’Avis de Lausanne du 14 août 1913.
-Nouvelliste Vaudois du 30 août 1909-
Les distances sont donc calculées de poste à poste. Le kilomètre zéro à partir duquel sont calculées les distances routières à Lausanne est donc sur la Place St François. Pourquoi avoir choisi ce lieu précis ? Initialement nous étions à la Porte St François, donc à la périphérie de la ville. Mais les bureaux de poste en Suisse ayant été aménagés à la fin du XIXème près des gares ils deviennent rapidement l’épicentre des transports tant de marchandises que de voyageurs. Ceci peut expliquer cela.
Le dépouillement des archives du canton de Vaud par Claude WACKER a permis de dater la pose des plaques selon les routes, de déterminer les fonderies (pour la fonderie Varigney le nom était déjà inscrit sur les plaques). En outre, vous pouvez prendre connaissance des localisations des plaques sur le site directement.
Seuls trois axes sur huit possédent encore des plaques directionnelles. Le premier ci-dessous est la route de 1ère catégorie allant de Lausanne à Genève . Les plaques y furent posées en 1909.
| La route de Lausanne à Genève – 1909 – Fonderie Varigney |

| La route de Lausanne à Berne – 1910 – Fonderie G. Baud |
La plaque de Lausanne se situe rue de Bugnon, nous étions bien sur l’une des sorties de la ville, la rue de Bugnon étant prolongée par la rue de Sallaz puis la route de Berne. Sur cette plaque le flèchage indique logiquement le point zéro du kilométrage, lequel se situe donc Place St François. C’est la seule des huit plaques subsistant dans cette commune.
| La route de Lausanne à Neuchâtel – 1910 – Fonderie G. Baud |
La route de Lausanne à Neuchâtel, une route de 1ere classe, est la route initialement allant à Yverdon. Une seule plaque subsiste à Assens.
À Gilly un poteau indicateur.
– Une plaque à Scion –
Photographie : Gilles LEBOUCQ
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2 Commentaires
merci à la Suisse pour sa participation
on va y arriver!
amitiés
nicole81
Oui on s’internationalise !