Les plaques en terre cuite émaillée en Gironde

Le 12 avril 1877, le Conseil Général de Gironde, réuni à Bordeaux, après délibération, prenait la décision de passer deux marchés portant sur: 1500 plaques indicatrices en terre cuite émaillée et 3000 bornes kilométriques en granit de Bretagne. Ces deux commandes furent effectivement passées le 30 avril, les dépenses réparties sur trois exercices: 1877 (budget rectificatif), 1878 et 1879 (budgets ordinaires).

Le prix des plaques émaillées était de 2 francs 25 l’unité pour un montant total de 3375 francs. Bornages et plaques concernaient essentiellement les Chemins d’Intérêt Commun, ceux de Grande Communication. (Les Routes Nationales comme les Départementales en étaient déjà pourvues).

(…) Elles seraient faites en terre cuite, auraient 0m30 de longueur, 0m22 de largeur, 0m25 d’épaisseur (sic). La face antérieure serait émaillée en émail opaque blanc et porterait en lettres bleues recuites et inaltérables la dénomination, le numéro et la direction du chemin sur lequel elle serait placée, ainsi que le nombre de kilomètres correspondant à la position qu’elle occuperait.

Délibération M.A Clauzet Rapporteur Commission des routes 12 avril 1877

Ces plaques étaient de dimension réduites par rapport aux plaques directionnelles en fonte. Nous trouvons sur quelques murs ces deux types de plaques côte à côte et l’on remarque la différence de taille. Pourtant, et du fait de la taille des caractères et de leur nombre restreint, elles restent parfaitement lisibles.

Le 15 mars 1878, la fourniture de ces plaques était terminée, les agents-voyers approvisionnés selon leur circonscription, la pose en avril commençait. J’ai remarqué que ces plaques étaient souvent posées à une certaine hauteur (selon les bâtiments), peut-être faut-il y voir une volonté de les préserver.

Quoiqu’il en soit, dès 1892 (14 ans après donc), un rapport sans concession allait orienter le Conseil Général vers les traditionnelles plaques en fonte. Extrait:

(…) difficile aux nombreux voyageurs de s’orienter dans ce vrai labyrinthe, les poteaux en bois et à plaque émaillée ne portant aucune indication pratique pour le public, utiles seulement pour le service Vicinal. C’est pour remédier à cet état fâcheux, d’autant plus que les poteaux en bois sont (…) renversés, les plaques émaillées sont brisées (…)

  

Je ne sais pas qui a fabriqué ces plaques: sans aucun doute d’une provenance locale, soit du sud de la Charente, une terre riche en production variées, de la terre cuite pour carrelage aux tuiles plates. Ou bien du bordelais tout proche également. Les célèbres pièces angoumoises de camaïeu bleu sur fond blanc peuvent faire penser qu’on nous avons la un dérivé industriel, mais l’idéal serait d’avoir le contrat. 

Tous renseignements sont donc les bienvenus. Cet article traitant d’un sujet qui, à ma connaissance, n’a jamais été traité, en sera abondé. 

Suivez ce lien ici pour découvrir une seconde page de plaques en Gironde.

Crédits photo: Gilles DELIGNY – Denis CLAUDEL

 

 

 

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