Les plaques de cocher dans l’Écomusée de Plouigneau

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Voici donc trois plaques directionnelles en fonte, elles sont appelées depuis quelques décennies Plaques de Cocher.

Ce type de plaque est dit avec lettres en relief coulées d’un seul jet, tel était la description du brevet déposé par Henri Bouilliant, inventeur du procédé de moulage. Le dépôt de brevet a été fait en 1846, à Paris. Depuis, ne nombreuses fonderies se sont emparées du procédé et les plaques de ce type ont été implantées sur l’ensemble du territoire. 

Le financement des plaques était effectué par le Conseil Général de chaque département. En ce qui concerne les plaques sur les routes à vocation nationale, telles celle sur la Nationale 12, elles sont  financées et entretenues sur les fonds prévus à l’entretien des Routes Royales / Nationales ou Impériales selon les régimes. Ceci dit, ces fonds, versés par l’État dépendant du département et les commandes étant également effectuées par les départements, nous restons dans le giron du Finistère. A titre indicatif, en 1884, un tableau indicateur (plaque) ce ce type était vendu 10 francs l’unité.

Examinons ces plaques dans le détail.

Cette plaque, sur la Nationale 12 de l’époque, peut être datée entre 1848 et 1852. Elle provient justement de la fonderie Bouilliant située à Paris, quartier de Belleville. 

Si aujourd’hui elle trône, à l’abri, dans l’Écomusée, initialement elle devait se situer sur l’actuelle Départementale N°712 au niveau du lieu-dit Croix-Rouge, commune de Plouigneau. 

La couleur bleue du plus bel effet du fond n’est bien évidemment pas la couleur d’origine, par contre la teinte doit se rapprocher de la plaque originelle, en effet il était préconisé dans la circulaire de 1835 que la couleur choisie sera le fond bleu de ciel foncé, les lettres en blanc. 

Il existe une autre plaque de cet acabit à Plouigneau, avenue Maréchal Leclerc. Peut-être l’avez-vous remarquée sur le restaurant Pen-ar-C’Hra, la voici:

Ce chemin allant de Plouigneau à Guerlesquin a été classé en 1867. Il était d’une longueur de 8km 1/2 jusqu’au point d’intersection du Chemin de Plougonven. Pour la petite histoire, à partir du moment ou un chemin est classé, la répartition du financement de l’entretien et des travaux  se fait entre les communes traversées, mais il faut leur accord. Or, la séance délibératives du Conseil Général statuant sur ce chapitre nous apprend que les communes, pourtant concernées, de Serignac, Lannéanou et Guerlesquin ont demandé à être exonérées ! Seule Plouigneau ne s’est pas opposée tout en spécifiant (à juste titre) qu’au moment des délibérations de son Conseil Municipal elle n’était en possession ni des plans ni des devis.

Ceci dit, le Conseil Général a passé outre les avis des communes et a réparti les frais de construction sur l’ensemble des communes.

La plaque, qui provient elle aussi de la fonderie Bouilliant, devait se trouver à Plouigneau sur la D37, à l’intersection avec la Nationale 12.

Cette belle plaque était donc sur le Chemin Vicinal Ordinaire N°2. Elle peut dater elle aussi des années 1870, même provenance. 

On remarque que les dernières lettres de Lannion ont fait l’objet d’un rajout sous forme de plaquette. Je n’ai pas d’explications sauf éventuellement une erreur dans l’orthographe rectifiée (?). En outre Garlan a été transformé en Garlau, erreur de transcription de la part de la fonderie sans doute.

Vous pourrez trouver l’histoire et un inventaire (en cours) des plaques de cocher en France sur le site plaquedecocher.fr.


Crédit photos: Jean-Pierre Hervé

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1 commentaire

  • Reply SOULARD Steven 24 juillet 2019 at 18 h 54 min

    Les erreurs de fonderies, ça arrive, en effet on remarque le BOURG-ACHAD au lieu de BOURG-ACHARD sur la pdc de JUMIEGES (76) ou encore CHARRONVILLE au lieu de CHARONVILLE (28) mais aussi PONT-AUTHON au lieu de PONT-AUTHOU sur deux des 6 plaques de Brionne (27) 😉

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